Miklos Dongo, grand gymnaste hongrois, a
dû mettre fin à sa carrière à la suite d’une blessure. il débarque au
Canada pour commencer une nouvelle vie et devient l’entraîneur de Kyle,
l’un des jeunes gymnastes les plus talentueux du Canada, dont il doit
faire un champion. Le jeune homme est vaniteux et colérique et Miklos
a beaucoup de mal à établir un contact avec lui. Bientôt, Miklos
comprend qu’il doit surmonter ses propres peurs et faire face à son
passé d’enfant martyrisé par son professeur de gymnastique dans la
Hongrie communiste, s’il veut se rapprocher de Kyle.
Peter et Mathieu Kassovitz :
Producteurs Exécutifs
Peter Kassovitz : "Étant d'origine hongroise, j'ai toujours gardé
des liens avec ce cinéma. Avec Mathieu, nous avions déjà coproduit un
long-métrage "Glass Tiger" avec la société Film Partners.
Lorsqu'ils m'ont fait parvenir le scénario des "Paumes Blanches", je l'ai
lu avec grand intérêt. L'apport de Kasso Inc. consistait surtout en
conseils et en "lobbying"... j'étais donc d'autant plus heureux de voir
que le résultat était à la hauteur de nos espérances..."
Szabolcs Hajdu,
Réalisateur
Né en
1972 à Debrecen en Hongrie, Szabolcs Hajdu a fait des études de
théâtre et de cinéma à l’université de Budapest et a exercé le métier
d’acteur. Après son premier court-métrage, il réalise en 2000, "Sticky
Matters", son premier long-métrage, qui remporte en
2001 le prix du meilleur premier film de la 32e Semaine du Film hongrois
et le prix spécial du jury au festival Molodist des premiers films de Kiev
(Ukraine). Son second long-métrage, "Tamara", réalisé en 2003, a obtenu le
prix spécial du jury de la Meilleure Direction artistique à la 35e Semaine
du Film hongrois en 2004. "Les Paumes Blanches" est son troisième
long-métrage.
Zoltán Miklós Hajdu
Jusqu’à l‘âge de 18 ans, il consacre sa vie à la gymnastique, puis il
travaille à Calgary (Canada) en tant que coach et entraîne un futur
médaillé olympique. Zoltán Miklós Hajdu est actuellement membre du
dernier spectacle du Cirque du Soleil qui s’intitule "K", en tant
qu’acteur et directeur technique. Zoltán Miklós Hajdu est le frère de
Szabolcs Hajdu. Ce n’est pas la première fois que les deux frères
travaillent ensemble, Zoltán Miklós Hajdu a déjà joué dans les
court-métrages de son frère, il fut également assistant de production sur
ses long-métrages.
Kyle, un gymnaste plus
"vrai" que "fiction"
Le
rôle du colérique gymnaste canadien, Kyle Manjak, est interprété par le
brillant Kyle Shewfelt. Véritable athlète international, Kyle qui
est une référence prestigieuse outre-Atlantique, a su mener le Canada sur
les plus hautes marches des podiums, permettant à son pays de pouvoir
enfin égaler la Russie, la France et même la Roumanie.
Né en
1982 à Calgary, Kyle Shewfelt s’est intéressé très tôt à la gymnastique
qui lui permettait ainsi de dépenser son trop-plein d’énergie. hasard ou
non, l’interprète de Kyle Manjak dans "Les Paumes Blanches (White Palms)",
a rapidement été encouragé par son premier entraîneur : Kelly Manjak.
Après
un parcours gymnique crescendo, Kyle Shewfelt – réputé pour son sens du
détail technique – devient en 2004, lors des Jeux Olympiques d’Athènes, le
premier canadien de l’histoire à remporter la médaille d’or du sol avec
9,787 points.
En
2005, Kyle Shewfelt est ainsi le premier et unique gymnaste à entrer à
l’Alberta Sport Hall of Fame and Museum, le panthéon des sports canadiens.
En pleine préparation des championnats du monde de gymnastique artistique
à Stuttgart en septembre 2007, l’athlète de Calgary s’est fracturé les
deux genoux lors d’un entraînement décisif, l’empêchant de participer à
cet évènement.
Kyle
Shewfelt s’attend à s’absenter de la scène internationale durant plusieurs
semaines mais prévoit toutefois son retour à temps pour les Jeux
Olympiques de 2008 qui se disputeront à Pékin.
Clin d’oeil sportif
Clin
d’oeil amical au monde de la gymnastique puisque durant les scènes des
championnats du monde du film, deux autres vedettes de la gymnastique
internationale sont en compétition contre Kyle Shewfelt et Zoltán Miklós
Hajdu :les roumains Marian Dragulescu (spécialiste du sol et du saut) et
Marius Urzica (cheval d’arçon).
Romaric Ledroit,
GymaWeb
La quête de la légèreté
Troisième film de Szabolcs Hajdu, "Les Paumes Blanches" raconte le
parcours professionnel de Miklos Dongo, jeune gymnaste hongrois. Derrière
ce pitch sec comme les coups de trique que reçoit Miklos pendant les cours
de gymnastique se cache une réflexion pertinente sur la recherche de
l’équilibre par un jeune homme attiré par les airs - des agrès du gymnase
au trapèze du cirque, pour tenter d’échapper à la pesanteur de son
existence.
Lorsque le film commence, Miklos Dongo débarque au Canada pour devenir
entraîneur. Petit, musculeux, d’allure juvénile, son corps et son visage
sont ceux d’un enfant qui aurait vieilli trop vite. Miklos, qui arrive de
Hongrie, a du mal à trouver sa place dans le gymnase canadien ; on ne le
sent à l’aise ni avec les autres ni avec lui-même. Un long flash-back
dévoile le milieu d’où il vient.
Nous
sommes au début des années 80. Miklos a une dizaine d’années. Sa vie
semble avoir été placée sous le signe de la grisaille, semblable aux murs
des HLM qui bordent les rues sans joie de la Hongrie communiste. Miklos ne
trouve pas davantage de réconfort dans la chaleur du foyer ; ses parents
ne s’intéressent à lui qu’à la mesure du nombre de médailles sportives
qu’il rapporte à la maison car chaque jour, il s’entraîne pour devenir
gymnaste. Le film s’attache d’abord à filmer les gestes du sport de
manière documentaire, ce qui nous permet de faire connaissance avec la
discipline de la gymnastique de haut niveau mais aussi de nous apercevoir
que dans ce petit milieu sont reproduits les mécanismes de la dictature du
régime politique de la Hongrie d’alors. En effet, l’entraîneur fait subir
aux apprentis gymnastes un système de discipline fondé sur la terreur, la
dénonciation et la répression, qui prend la forme ignoble du châtiment
corporel. Ainsi notre jeune héros est pris dans une contradiction : alors
qu’il cherche à échapper à la gravité de son existence par la gymnastique,
il est sans arrêt ramené à la brutalité de la vie terrestre. Cette
contradiction est si violente qu’elle le fait souffrir jusque dans sa
chair ; habitué aux bleus et aux coups qu’il reçoit lors des cours de
gymnastique, il a
pris l’habitude de les panser à la hâte et de les dissimuler lorsqu’il
rentre chez lui. On comprend que Miklos devenu adulte est toujours
prisonnier de cette contradiction et que la pratique de la gymnastique ne
lui a pas apporté la légèreté qu’il recherche.
Preuve
qu’il n’est pas libéré, le passé le rattrape brutalement lorsqu’en réponse
aux débordements d’un jeune élève gymnaste, Miklos lui administre une
gifle retentissante. Miklos échappe de justesse à la sanction et se
retrouve cantonné à l’entraînement d’un seul élève, un jeune gymnaste
canadien surdoué qu’il doit préparer pour un championnat. Le jeune homme,
qui se prénomme Kyle, met Miklos au défi par son arrogance et son refus de
la discipline. Miklos ne baisse pas les bras et se remet lui-même à la
pratique d’exercices quotidiens en attendant que son élève veuille bien
travailler. Motivé par un désir de compétition, Kyle commence enfin
l’entraînement, avec Miklos en miroir qui exécute exactement les mêmes
mouvements que lui. Cette relation, fondée sur le respect et la
stimulation mutuelle, débouche sur l’inscription des deux gymnastes à un
championnat mondial qui doit avoir lieu en Hongrie.
La
préparation et le déroulement du championnat sont entrecoupés de
flash-back qui montrent comment Miklos a tenté de fuir le monde de la
gymnastique pour celui du cirque à l’âge de treize ans. Après avoir reçu
un énième châtiment corporel, Miklos rejoint la troupe d’un cirque qui
veut embaucher un jeune trapéziste. Tout en haut du chapiteau, Miklos
croit avoir enfin trouvé la possibilité d’évoluer dans les airs et d’être
libre mais la violence du monde le fauche en plein vol : motivé par des
considérations cupides, le directeur du cirque fait ôter le filet pendant
un numéro particulièrement dangereux pour épater l’assistance ; Miklos
perd tous ses
moyens et fait une chute vertigineuse. On devine que le jeune garçon n’a
jamais pu se remettre totalement de sa blessure, ce qui lui a interdit la
compétition en tant que gymnaste professionnel. Lors du championnat en
Hongrie, Miklos, parti pour gagner, est rattrapé par cette fatalité qui le
pousse à chuter au moment où il pourrait prendre son envol : il fait une
petite erreur de réception à la
fin d’un saut et perd la première place sur le podium que vient lui voler
le jeune Kyle.
Cette
ultime déception fait renouer Miklos avec le monde du cirque. Dans
l’épilogue, on le retrouve au sein de la troupe du Cirque du Soleil,
harnaché, suspendu entre la terre et le ciel, dans une chorégraphie
aérienne. Le film choisit subtilement le chemin de traverse plutôt que la
voie de la facilité : au lieu de glorifier la victoire à tout prix, il
préfère raconter le parcours d’un personnage qui a enfin trouvé son
équilibre. L’équilibre fragile du funambule qui fait de la légèreté une
quête perpétuelle.
Maud
Ameline,
Membre du Comité sélection de la Quinzaine des Réalisateurs 2006
INTERVIEW : Szabolcs Hajdu
L'histoire des "Paumes Blanches" est assez autobiographique mais en même
temps c'est aussi l'histoire de la Hongrie. Aviez-vous cette intention dès
le départ, que ce film dépasse l'histoire d'un personnage ?
Szabolcs Hajdu :
Je ne voulais pas faire la critique directe de la société. L'aspect le
plus important était de rester très proche de ce personnage central, de
regarder ce qui lui arrive, sans détour, sans tomber dans un film
esthétique. La plus grande partie de l'action se passe dans le passé, mais
je voulais que le film soit au présent. Je voulais que le spectateur sente
que c'est ici et maintenant. il y avait
un danger imminent de se laisser tenter par l'esthétique rétro, tellement
à la mode de nos jours (la Hongrie des années 80 aurait été un décor
idéal). Nous n'avons pas utilisé de symboles stéréotypés, généraux
(l'étoile rouge, la statue de Lénine, les cravates rouges des pionniers,
etc.). Nous ne voulions pas que cette période soit représentée à travers
ces clichés. Je crois que les mécanismes d'un
système social sont présents même dans le plus petit microcosme : la
famille. La critique sociale apparaît donc de manière indirecte dans le
film. On y voit un gymnase, une famille dans laquelle on retrouve un
condensé de la société ; la dictature est inconsciemment transmise par les
comportements. Ma réponse est oui : l'océan se retrouve dans une seule
goutte d'eau.
Vous
appartenez à une nouvelle génération de réalisateurs hongrois :
Pensez-vous qu'on assiste à une "nouvelle vague" du cinéma hongrois ?
S.H. : Les
critiques cinématographiques regroupent les réalisateurs âgés d’une
trentaine d’années comme faisant partie de la "nouvelle
vague" hongroise. Je n'ai pas de recul par rapport à cette situation mais
je peux dire que notre génération est sur le devant de la scène du film
hongrois, principalement pour des raisons historiques et non de talent.
Nous sommes la première génération, depuis le
changement de régime, qui a la possibilité de faire des long-métrages.
(En
1990, j'ai eu 18 ans et ma vie d'adulte a commencé. J'ai dû trouver mon
chemin dans le monde capitaliste, tellement intimidant pour la génération
de mes parents). Sous le régime communiste, les gens de ma génération
étaient des enfants et des adolescents ; nos souvenirs d'enfance évoquent
cette période. Nous sommes passés à l'âge adulte sous le capitalisme. Ce
dualisme nous définit et nous détermine. Nous parlons du passé d'une autre
manière que nos prédécesseurs ; notre relation au présent est différente :
nos doigts palpent les pulsations des temps que nous vivons.
György
Pálos a dit que cette génération tourne le dos à "l'esthétique pure" de la
génération précédente. Vous êtes d'accord ?
S.H. : Je ne
suis pas certain de savoir ce que Pálos voulait dire mais je pense qu'il
ne faut pas chercher les différences entre générations
dans des distinctions formelles mais plutôt dans les changements de
comportement qui sont, eux, naturellement liés à l'esthétique. Je pense
qu'il est très important et très caractéristique que la nouvelle
génération de cinéastes hongrois racontent leurs propres histoires. La
plupart d'entre nous faisons des films d’auteurs. Nous essayons d'évoquer
un univers personnel, précis et subjectif ; une entreprise très risquée et
fragile. La génération d'avant a souvent choisi de réaliser des
adaptations. Nous connaissons très peu de leurs histoires, ils restent
cachés.